Juin 05, 2020

Quelques questions à Elodie Roy, sur tous les fronts !

Elodie Roy, propriétaire du Domaine du même nom et maman de deux petites filles : Lilly 10 ans et Camille 7 ans, a repris le Domaine familial en 2018. A 40 ans, Elodie Roy combine sa vie de famille avec la gestion de ses 10 hectares de vignes. A l’approche de la fête des mères, nous dressons le portrait de la jeune vigneronne, également jeune maman !

Pourquoi reprendre le Domaine assez tardivement ?

Quand j’étais petite, je voyais mes parents bosser jusqu’à 20h tous les jours. Mon père avait 19 hectares de vignes, et un seul salarié en plus de ma mère. Avec ma sœur on aidait, on participait à tout. Je les voyais beaucoup trop travailler, adolescente j’ai décidé de ne surtout pas faire comme eux !

J’ai donc suivi des études de Droits, j’ai ensuite travaillé pour une banque pendant 6 ou 7 mois mais je ne m’y plaisais pas. J’ai donc refait un master, dans le vin cette fois. Mes parents n’étaient pas très contents, pour eux j’avais une stabilité dans le secteur bancaire, mon changement de voie leur a été difficile a accepter au départ. Mon père n’était pas prêt à lâcher ses vignes, alors j’ai trouvé un poste au Domaine Anne Gros à Vosne-Romanée, j’y suis restée 11 ans. A l’époque, on développait l’oenotourisme, j’y ai beaucoup appris. Arrivée à 38 ans j’ai souhaité prendre un nouveau tournant en me mettant à mon compte. J’ai discuté avec mes parents en leur disant que je voulais vendre de la bouteille, car eux vendaient tout au négoce. Je suis finalement revenue au Domaine familial en 2018.

Comment s’est passée cette transition et votre installation ?

J’ai eu de la chance et cela m’a paru plutôt facile puisque mes parents sont issus du milieu. J’avais des vieilles vignes en bel état, je suis fière d’avoir repris des vignes plantées par mon grand-père il y a 70 ans, ça créé beaucoup d’émotions. Un jour, un sommelier m’a envoyé une photo d’une bouteille de Santenay 1er cru Les Gravières 1979 Robert Roy, un millésime de mon année de naissance, vinifié par mon père … aujourd’hui c’est moi la relève !

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

J’aime le contact avec les gens et faire déguster les vins. Après un an de travail, présenter le vin en bouteille c’est une fierté, je me dis que j’ai fait le bon choix. Je suis toujours optimiste. Je travaille sur 10 hectares et je vinifie la totalité, mais pour des questions de trésoreries je vends au négoce, ce qui me permet d’investir dans du matériel ou dans la rénovation du bâtiment de stockage. Mais mon but à terme, c’est d’être complètement indépendante. C’est un vrai stress d’être à son compte, il y a des nuits où je cogite beaucoup ! Je suis soutenue par mes parents et mon mari, ça fait toute la différence. Ce qui compte aussi c’est que j’aime tout faire dans mon métier, qui est très polyvalent : le temps passé en vignes, goûter les vins, l’étiquetage, la dégustation et la présentation des vins aux clients, sans oublier :  la paperasse, même si ça prend un temps fou !

Comment travaillez-vous vos vins ?

J’ai 5,5 hectares d’appellations régionales, 1 demi hectare de Santeney Premier Cru rouge Les Gravières, planté en 1952 par mon grand-père, et le reste en Maranges.  Je travaille donc des appellations discrètes que j’essaye de valoriser à travers ma participation à l’assocation Mi-Filles Mi-Raisins. Je suis également depuis peu, membre de Femmes et Vins de Bourgogne. Je qualifierai mon travail de soigneux et méticuleux à la vigne, avec une vinificatiion douce et raisonnée le plus possible. Je cherche l’élégance et la finesse, des tanins sur le velours et la soie. La fraicheur et le fruit sont pour moi très importants. Mais je me fie aussi beaucoup aux modes de consommation, en 2020 on ne boit pas le vin comme il y a 30 ans. Le vin cest une boisson de partage, je fais du vin pour qu’il soit bu en famille, entre amis. Cela fait partie de notre culture en France.

Un petit mot sur le millésime 2019 ?

Je suis en extase dans les vignes, on sera beaucoup plus sur l’acidité donc la qualité sera au-dessus, mais avec une plus faible quantité. Je pense que 2019 aura beaucoup plus d’équilibre que 2018. Un grand millésime en 9.

Et enfin, en tant que maman, comment faites-vous pour tout concilier ?

Je suis maman, j’ai une vie de famille, mon travail n’est pas toujours simple et me prend beaucoup de temps, mais je ne regrette rien. J’ai même l’impression d’être là depuis 20 ans ! Mon père m’aide encore beaucoup malgré la retraite parce que les 24 heures par jour ne sont pas suffisantes ! Mais mes filles passent avant tout. Je les emmène le matin et je vais les chercher le soir, je suis présente dès qu’il le faut, c’est aussi l’avantage d’être à son compte. Il ne faut pas oublier que la vie de famille est importante !

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

fr_FRFrench
fr_FRFrench